En Colombie, le PASC accompagne le Comité de solidarité avec les prisonniers et prisonnières politiques. Il participe et diffuse les informations de la campagne Au-delà des murs de la campagne contre l'extradition (442)et celle pour la fermeture de la prison de Valledupar. Le PASC se solidarise également avec différente campagne de solidarité avec des prisonnier-ère-s politiques d'Amérique du Nord.

 Il y a actuellement un peu plus de 102 000 détenu-e-s en Colombie. Seulement 22 000 de celles et ceux-ci ont été condamné-e-s, les autres sont soumis-e-s à un processus d’enquête et peuvent attendre jusqu’à 36 mois avant d’être juger. De ce nombre, entre 7500 et 9500 détenu-e-s sont considéré-e-s comme « prisonniers politiques » en Colombie.
 

Le statut de « prisonnier politique »


Les prisonniers et prisonnières politiques sont emprisonné-e-s sur la base de leurs positions politiques et/ou de leurs actions de confrontation aux politiques de l'État ou de l'oligarchie qui le soutient.
Puisque le gouvernement colombien nie l’existence du conflit armé, il refuse de reconnaître le statut de « prisonnier politique » et n’hésite pas à octroyer le titre de « terroristes » aux détenu-e-s arrêté-e-s pour leurs activités sociales et politiques. Cette négation du conflit armé et du statut de prisonnier de guerre ou prisonnier politique permet au gouvernement de passer outre les accords internationaux qui régissent les conflits internes, comme la Convention de Genève, ou le droit humanitaire international.


 Qui sont-ils et elles ?

Selon le Comité de solidarité avec les prisonnier-ère-s politiques (CSPP), 60% des détenu-e-s politiques ne sont pas des combattant-e-s, mais plutôt des syndicalistes, des défenseur-e-s de droits humains, des membres d’organisations populaires, etc. Ils et elles font généralement face à une accusation qui s’appuie sur des témoignages d’informateur-trice-s travaillant pour le gouvernement. Ces faux témoins, souvent rémunérés, sont engagés  par l'état pour confirmer qu'ils connaissent la personne et affirmer que le ou la détenu-e est lié-e à une organisation insurrectionnelle ou a participé à un acte de terrorisme avec celle-ci.

Les prisonnier-ère-s politiques se retrouvent dans plusieurs types de prisons mais surtout dans celles à sécurité maximale. Les prisons de Valledupar et de Combita par exemple, où sont détenu-e-s plusieurs de ceux et celles-ci, ont été créées par un accord avec le Bureau fédéral des États-Unis, qui est intervenu dans la construction de ces établissements, dans la formation et la gestion des gardes et dans la formulation de leurs règlements internes.

 


 Les accusations de rébellion et de terrorisme

Rébellion: Celui qui, par l’utilisation des armes, se lance contre le régime constitutionnel ou légal en vigueur
Terrorisme:  Celui qui sème la peur dans la communauté.

Le délit de rébellion est passible d’une peine de 6 à 10 ans de prison. Dans les dernières années, cette accusation est de moins en moins utilisée contre les membres des organisations guérillas. Ils et elles se font maintenant poursuivre pour d’autres délits, comme celui de « terrorisme » passible d'une peine de 40 ans de prison. Le délit de rébellion est alors utilisé pour criminaliser les activistes, syndicalistes, étudiant-e-s, leaders paysan-ne-s, autochtones et afro. Il sert à criminaliser l’opposition politique et la protestation sociale, dans le but de faire taire les membres des mouvements sociaux et des organisations
de résistance civile, c'est un outil pour l’État afin de mener une persécution politique et judiciaire.


 Le conflit social et armé au sein des prisons


Sous le prétexte de réaliser des expériences de cohabitation pacifique et de réconciliation, les prisonniers politiques sont de plus en plus placés dans la même cellule que des paramilitaires. Les structures paramilitaires sont actives dans les prisons que se soit par des alliances avec les employé-e-s de l’INPEC (institut national pénitentiaire et carcéral de colombie) ou par le contrôle pur et simple de l’administration de l’établissement.

 Organisation des prisonnier-ère-s politiques

La première revendication des prisonnier-ère-s politiques consiste à exiger leur regroupement dans un même « patio » (étage ou section de l’établissement) afin d’améliorer leurs conditions de sécurité et de favoriser leur organisation à l’intérieur de la prison. à travers des comités de défense des droits humains, de soutien juridique, d'éducation, d’information, etc. Les prisonnier-ère-s politiques sont très actif-ve-s durant leur détention, plusieurs décidant de mettre à profit cette réclusion pour parfaire leur éducation politique et continuer leurs luttes pour la justice sociale à l’intérieur de la structure répressive. La situation des femmes est plus difficile, elles parviennent rarement à être regroupées et sont éparpillés à travers le pays.
 

 Aperçu de la situation carcérale

La population carcérale de Colombie est d’environ 60 000 détenu-e-s réparti-e-s dans les différents établissements pénaux du pays. La majorité de ceux-ci et celles-ci ne s’est jamais présentée devant un juge et n’a donc reçu ni sentence, ni condamnation. Sur les 60 000 détenu-e-s, seulement 22 000 ont été condamné-e-s, les autres sont soumis-e-s à un processus d’enquête et peuvent attendre jusqu’à 36 mois avant d’être juger. Pourtant, la loi colombienne prescrit un temps limite de 36 heures de détention sans jugement.
 

Conditions de vie


Les conditions de vie dans les prisons sont alarmantes du fait que celles-ci sont surpeuplées. Les récentes opérations d’arrestation massive expliquent en partie cette situation. L’accès à une alimentation décente ou aux soins de santé est largement déficitaire. La situation s’aggrave dans le cas des prisonnier-ère-s politiques à qui l’accès aux programmes de formation ou aux contrôles médicaux est souvent refusé.

En octobre 2001, une Commission internationale réalisa une visite dans 15 prisons du pays, parmi lesquelles trois pénitenciers de femmes. La Commission a par la suite dénoncé les cas de corruption et de traitements dégradants qui prévalent dans plusieurs établissements et responsabilise le gouvernement colombien pour cet état de fait dans les prisons où sont violés les droits à la vie et à la dignité humaine, ainsi que les droits à la santé, à l’éducation, à l’alimentation et à une défense légale.
 

Temps d’emprisonnement

Avec la réforme du Code pénal de 2003, la peine maximale augmenta de 40 à 60 ans d’emprisonnement. Officiellement, la détention à perpétuité n’existe pas. Toutefois, puisque les peines se cumulent, une même détenue peut recevoir par exemple trois peines de 40 ans chacune, ce qui, dans la pratique, signifie une condamnation à vie.

Recours à la torture

Le recours à la torture contre les détenu-e-s est l’usage habituel dans les centres de réclusion transitoire et les stations de police. Les populations pauvres et afrodescendantes sont les premières victimes de ces pratiques. Une pratique répandue consiste à obliger le ou la détenu-e à avaler une balle de fusil qui, selon ses tortionnaires, a servi à tuer quelques instants avant ou encore à simuler une mort violente.   Ce type de torture psychologique qui ne laisse aucune trace est particulièrement administrée aux insurgé-e-s et aux militant-e-s sociaux. Pour se protéger contre les dénonciations, le personnel oblige la personne arrêtée à signer un document où cette personne affirme avoir reçu un bon traitement.
 

 Campagne Au-delà des murs


La campagne a débuté en 2005 comme une initiative de solidarité de différentes organisations sociales et populaires préoccupées par la situation politique et de droits humains à laquelle sont soumises les personnes détenues pour des motifs politiques en Colombie; en reconnaissant la solidarité comme un principe de lutte et de construction politique, comme une finalité dans le projet de pays que nous voulons construire et comme une valeur qui à l’intérieur de l’humanisme doit caractériser les relations que nous, les organisations, établissons avec l’ensemble du mouvement social. En savoir plus sur la campagne colombienne

www.traspasalosmuros.net


 



Campagne contre l'extradition


Depuis 2007, les États-unis demandent en extradition des prisonnier-ère-s politiques colombien-ne-s, alors que cette pratique est interdite par la constitution colombienne. Plusieurs ont déjà été extradé-e-s, tandis que d'autres organisent une campagne pour y résister :
« L’extradition de citoyens colombiens, irakiens, afghans ou de tout autre pays est un droit dont se prémunissent les colonisateurs pour confirmer l’étendue de leur pouvoir sur l’ensemble de la planète et s’imposer comme la super police mondiale face aux autres puissances impérialistes. »
Site de la campagne: www.presospoliticosnoextradicion.org


Campagne pour la fermeture de la prison de Valledupar


Les prisonniers protestent contre les conditions de détention de cette prison, qui sont connues pour être les pires dans le pays. La prison a été conçue et développée avec l'aide du Bureau fédéral des prisons aux États-Unis. Elle a été construite il y a 11 ans avec un financement américain. Son code disciplinaire est très stricte, et les prisonniers dénoncent des cas de torture et de cruauté systématique. De nombreux organismes dont le Comité de solidarité avec les prisonniers et prisonnières politiques s'accordent pour recommander la fermeture de cette prison. cierrevalledupar.comitedesolidaridad.com

 Cas de prisonniers et prisonnières politiques

 

Cas de Diomedes :

Le PASC accompagne plus particulièrement certains prisonniers dont la situation les met dans une position spécialement vulnérable. C'est le cas de Diomedes Meneses Carvajalino qui, laissé pour mort par l'armée colombienne après avoir été torturé, poursuit aujourd'hui ses tortionnaires alors qu'il est toujours détenu. Pour en savoir plus...

Cas de Luis Eduardo Galvis:
Il existe en Colombie une pratique répandue impliquant la judiciarisation et la conséquente condamnation d’opposant-e-s politiques suite à des procès caractérisés par des irrégularités judiciaires. Le cas de Luis en est un bon exemple. Après avoir purgé une première peine, il a été condamné une seconde fois, pour des accusations déjà portées contre une autre personne : Un seul coupable : deux hommes accusés sous la même identité !